Jusqu'à la fin du Moyen-Âge

A partir de la Fondation de Mont-de-Marsan, entre 1130 et 1140, traditionnellement attribuée à Pierre de Lobaner, vicomte de Marsan (la vicomté de Marsan est apparue en 996 dans un contexte d’affaiblissement politique du Comté de Gascogne) ; le destin de St Pierre se trouve indissociablement lié à celui de la capitale de la vicomté.

La fondation de la ville nous est contée par l’historien béarnais du XVIIème siècle ; Pierre de Marca, dans son « Histoire du Béarn » (1640) :
"entre 1133 et 1140, Pierre de Laubaner, vicomte de Marsan (et par ailleurs comte de Bigorre) décide de constuire un château fort à la confluence de la Douze et du Midou et de lui associer un « castelnau » entouré de murailles. « Pour cet effet » écrit Pierre de Marca, « il s’adressa aux habitants des communes voisines de St-Genès et de St-Pierre, afin de les obliger à faire leur résidence dans la ville nouvelle qu’il entreprenait, sous promesse de leur octroyer sa protection et toutes sortes d’immunités ».

La bourgade nouvelle fut nommée « le Mont de Marsan ».
Le site n’est pas le meilleur possible sur le plan stratégique et le choix de Pierre de Lobaner tient sans doute à des raisons surtout économiques : la confluence de rivières alors navigables (la Douze et le Midou qui, réunis, donnent naissance à la Midouze) permet de créer ici une étape de commerce des grains et du vin en provenance des riches terres du proche Armagnac.
Sachant qu'en outre une route de pèlerinage à St-Jacques-de-Compostelle passe par là, on comprend dès lors que le vicomte n’ait pas voulu abandonner à l’abbaye de St Sever le contrôle de ce carrefour.
Ce récit de la fondation de Mont de Marsan établi à partir d’une charte peu précise et ambiguë pose un problème : bien que le texte de Pierre de Marca ne mentionne aucune structure antérieure, la ville n’a peut-être pas été créée ex nihilo vers 1133 et on ne peut écarter l’hypothèse de l’existence avant cette date d’une modeste résidence des vicomtes de Marsan sur le site du confluent.
En attirant les habitants des paroisses voisines, Pierre de Lobaner n’aurait peut-être fondé qu’une « ville nouvelle », auquel cas, la charte de fondation de 1133 transformerait un simple bourg castral (vague agglomération spontanée d’hommes autour d’un château) en véritable castelnau.
Quoiqu’il en soit, il faut au vicomte de Marsan, pour mener à bien son entreprise l’accord de l’abbé de St-Sever. Malgré les réticences initiales de l’évêque d’Aire, un compromis est mis au point, par lequel l’abbé donne son accord à la construction du « castelnau » sur le territoire de la paroisse de St-Pierre et à l’installation des paroissiens de St Pierre et St Genès à l’intérieur des murs de la ville nouvelle, en échange de la concession d’un terrain pour la construction d’une église.

A partir de là, Mont-de-Marsan commence à se développer autour de sa double fonction de place forte (en plus du château vicomtal, deux autres châteaux seront construits entre la fin du XIIème siècle et le XIVème siècle) et de centre commercial organisé autour du port fluvial en relation avec le port maritime de Bayonne à l’aval.

Au fond, on aperçoit le clocher de l’église de Saint-Pierre. Ainsi, Mont-de-Marsan est née de la paroisse de St-Pierre et la commune de St-Pierre aurait été fondée bien avant celle de Mont-de-Marsan par Pierre de Lobaner.

Cette particularité valut à St-Pierre l’insigne honneur de servir de lieu de prestation de serment pour les maires de Mont-de-Marsan : pendant cinq siècles (du XIIème siècle à la fin de l’Ancien Régime), les jurats de Mont-de-Marsan gravirent, en costume d’apparat le coteau de St-Pierre pour venir prêter serment sur l’autel de l’église en témoignage des liens qui, à l’origine, unissaient ces deux cités à l’abbaye de St-Sever.